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Les Contes Merveilleux
de Michèle Joubert
 
 
Odizé et le cheval des neiges
"C'est au plus haut des cimes
que survivent les dieux
et les nains aux barbes de neige."
(Ludwik H. Becker)
 
 
   Ce jour-là, la montagne était belle, toute scintillante de neige sous le soleil, mais Odizé ne la regardait pas tellement il s'ennuyait ; il n'avait personne avec qui jouer. C'était pourtant les vacances de Noël mais il venait tout juste d'emménager ici et ne s'était pas encore fait des copains. Alors ce matin là, il traînait tout seul à quelques pas de sa nouvelle maison qui bordait le Bois des Merles Siffleurs.
   Ici, la neige n'avait encore pas décidé de tomber, mais en regardant plus haut sur les pentes de la montagne, Odizé voyait son manteau blanc enrober les cabanes des bergers et les arbres. Demain, il skiera sur cette belle neige et ensuite, ses parents le lui ont promis, il passera la nuit dans un refuge avec eux, parce que ça sera la grande nuit de Noël ! Le refuge sera tout illuminé et animé par beaucoup de monde.
   Mais en attendant qu'allait-il bien pouvoir faire aujourd'hui ?
   Un galop lointain lui fit tendre l'oreille. Etait-ce un cerf ? Ou alors une biche. Un cheval peut-être. Ça lui donna envie d'entrer dans le bois bien que sa mère lui ait interdit d'y aller seul. Juste un petit coup pour voir comment c'est dedans. D'après de grands élèves, on pouvait y rencontrer des cerfs "tellement hauts qu'on ne leur arrive qu'aux genoux !" Ils exagéraient c'est sûr, mais ils disaient aussi : "Ils pèsent 200 kg !" Odizé ne se représentait pas bien ce que ça pouvait faire un poids pareil mais comparé à son oncle qu'on traite tout le temps de gros parce qu'il pèse 100 kg, il imaginait que ça devait être énorme ! Quant aux bois qu'ils ont sur la tête, c'est à faire peur tellement ils sont grands ! Qu'est-ce qu'il aimerait voir un cerf ; ça serait quand même mieux au milieu des arbres que derrière une grille de zoo.
   "Allez, se dit-il, juste quelques pas à l'intérieur et je repartirai aussitôt."
   Il sursauta en entendant un bruissement dans les fourrés, mais ne voyant rien il conclut que ça devait être un renard ou une fouine. Il se méfia quand même en avançant. Une branche cassée qui pendait d'un tronc un peu plus loin, lui servit de limite à ne pas dépasser… "Ce qui après tout n'est pas si mal pour une première fois !"se dit-il pour se rassurer.
   C'est là qu'il entendit derrière lui le souffle fort d'un animal. C'était si près qu'il en sentait l'haleine chaude. La peur le prit au ventre, le paralysant au point de ne pas pouvoir se retourner pour voir la bête. Quand il sentit son museau le pousser dans le dos, il cria !
   Alors la bête se montra face à lui. Et il la vit !......
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