C'était un village tranquille où les gens vivaient sans grandes histoires et n'étaient ni meilleurs ni pires qu'ailleurs. Les enfants couraient dans les champs et se baignaient dans la rivière en faisant peur aux truites et aux saumons, histoire de les voir s'enfuir à toute allure. Il y avait deux instituteurs, un maire un peu râleur et le curé qui venait de la ville une fois par semaine pour dire la messe. Dans les prés : des vaches, des moutons, des chevaux. Ah, j'oubliais, il y avait une centenaire et deux grands-pères qui n'allaient pas tarder à l'être ; on les voyait brinqueballer encore vaillamment leurs vieux corps tordues d'une maison à l'autre, les chemins n'étant plus de leur âge.
Un village tranquille je vous dis. Pourtant un soir…
La nuit venait de tomber, les gens dînaient et les chiens étaient calmes. Le vent qui soufflait depuis trois jours avait enfin cessé. Pourquoi d'un seul coup, tous les chiens se mirent à aboyer comme des fous ? Les maîtres eurent beau leur crier dessus, rien ne les calma. Et comme si ça ne suffisait pas, les vaches joignirent leurs beuglements à ce concert, les chevaux s'affolèrent dans les prés en hennissant et les moutons bêlèrent à fendre l'âme. Quelque chose était en train de se passer...