Au pays des Quatre Saisons vivait celui qui soufflait fort ou doucement selon le temps. Il s'appelait Le Vent ; tout simplement Le Vent. C'est le nom que les gens du pays lui avaient donné depuis la nuit des temps et il s'en était contenté.
Les gens d'ici disent volontiers qu'on ne le voit qu'à trois époques de l'année : au printemps, en automne et en hiver, parce que l'été il dort. Certains ne sont pas d'accord et prétendent qu'ils l'ont rencontré par des jours de chaleur torride, notamment au bord de la mer, mais on les traite de fous !
Par contre tout le monde peut vous parler de ses souffles différents. Il y a le souffle mouillé d'automne qui dénude les arbres de leurs feuilles, et balaie les prairies de leurs dernières fleurs. Celui-là, il n'est pas trop aimé, mais ce n'est rien en comparaison du souffle d'hiver. Une horreur détestée de tous ! Pensez, Le Vent devient si méchant qu'il est tranchant comme une lame de rasoir, froid comme un glaçon des lacs gelés et puissant comme s'il se prenait pour le souffle d'un dieu en colère ! On dit même qu'il tue des animaux et des pauvres humains surpris par son passage.
Et puis il y a son souffle du printemps. Là, les avis diffèrent : certains prétendent qu'après ses excès de l'hiver il n'a plus assez d'énergie pour se montrer ; d'autres pensent qu'en fait il n'est pas épuisé mais que sa méchanceté est tombée comme elle était venue, sans qu'on sache pourquoi – une bizarrerie de sa nature… allez savoir !
Bref, Le Vent fait ce qu'il veut, quand il veut et tout le monde au Pays des Quatre saisons se méfie de lui. Y compris les marins qui sont un jour bénéficiaires de son souffle et un autre jour, victimes.
Ainsi allait la vie au Pays des Quatre Saisons et Le Vent était satisfait de ses pouvoirs…
… Du moins jusqu'au jour où La Pluie qui passait par là, lui raconta quelque chose qui le troubla profondément. .....